À bas le Amnesty du vin
La section Piémont – Val d’Aoste de Amnesty International m’a informé du Premier Amnesty du vin: un Roero 2005, qu’on m’assure être excellent, dont le profit sera partiellement affecté à l’association digne de récompense qui défend les droits humains. Ce n’est pas le producteur du vin qui est en train de répandre la nouvelle mais l’association même (et qui oserait l’accuser de spamming?), avec tant de photos et de communiqués de presse de différentes dimensions et formats, déjà prêts pour être utilisés (1400 frappes, 550 frappes et Version SlowFood, c’est tout : .doc).
Moi, je n’aime absolument pas ces opérations : il s’agit d’opérations effrontément commerciales et publicitaires, et jusque là, il n’y a rien de mal ; mais qu’elles soient hypocritement déguisées comme de bonnes actions, je n’aime pas cela. La Porello Vini (que l’on m’a indiqué comme la société en question) n’aurait-elle pas pu décider d’affecter une partie de ses profits à Amnesty International, si cela lui tenait à cœur, sans se servir d’une association sans but lucratif ayant des buts absolument (et justement) lucratifs d’une société qui produit et vend du vin ?
Et surtout : une association telle qu’Amnesty Inernational ne pourrait-elle éviter de faire ce type d’opérations, dans lesquelles elle devient à son tour une agence de publicité et de promotion ? Regardez à quel point arrive leur propre prose :
[L’Amnesty du vin] est un témoin de grande classe pour une campagne publicitaire importante : le droit à la nourriture et à une alimentation saine et appropriée. C’est une idée cadeau originale, politiquement correcte et un peu radical-chic.
N’est-il pas triste d’entendre une association telle que Amnesty parler de soi en ces termes ?
Je regrette mais non : je n’achèterai pas ce vin-là. Et même pas un autre. Et si j’ai envie de contribuer à de justes causes je le ferai, sans pour cela la faire devenir une question de marketing.




